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  • Beverly_France

La pierre vit un tournant vert et une mutation spatiale

Si la question qui préoccupe acquéreurs et vendeurs sur l'évolution des prix reste encore floue, bien qu'une légère correction semble de mise pour les prochains mois avec une stabilisation à partir de la fin d'année 2020, il n'en demeure pas moins que ces dernières semaines ont profondément transformé les priorités des Français en matière d'immobilier.

Au fil des jours du confinement, ils ont expérimenté un nouvel attachement à leur logement. Les murs ont pris un sens différent et surtout, on aurait souhaité les écarter. L'enfermement a réveillé un besoin d'espace et de pouvoir prendre l'air. Quelques jours après le déconfinement du 11 mai, ces souhaits se vérifient-ils dans les faits et dans quelles mesures?



Notre logement, notre refuge

Le confinement a profondément modifié notre rapport à l'habitat qui n'est désormais pas qu'un endroit où dormir ou passer quelques moments agréables en famille. Il est devenu l'antre de la sécurité, l'endroit où nous ne craignons rien, notre refuge. En parallèle, dans la mesure où les Français ont passé un temps accru chez eux, ils mettent en avant le sentiment de confort que leur intérieur doit leur procurer. S'ils étaient parfois négligents ou peu attachés à l'aménagement, la décoration ou les services offerts par leur logement, les post-confinés ont pris toute la mesure de leur importance. Nos sens prennent le pas sur des considérations plus raisonnables. Nous voulons nous sentir bien avant même de prendre en compte des données plus rationnels. L'habitat s'est muté en cocon au sens propre ce qui pousse certains à envisager sérieusement un projet immobilier qui mûrissait déjà ou qui n'était qu'un doux rêve. Maisons et espaces extérieurs ont la cote

Alors que d'ordinaire, selon les différents sites d'annonces, la recherche d'appartements et celle de maisons sont grosso modo au coude-à-coude, aujourd'hui, le taux de consultation des maisons à vendre a explosé sur l'interface Seloger et s'établit à près de deux tiers des recherches. Les familles ne souhaitent pas revivre le sentiment d'enfermement expérimenté lors du confinement. Elles veulent que leurs enfants puissent prendre l'air dans un jardin. Toutefois, dans leur majorité, les prospects n'ont pas l'intention de trop s'éloigner préférant demeurer dans la même région voire dans la même ville pour certains. Par contre, l'intérêt peut être légèrement excentré des grandes villes ou des centre-villes des grandes métropoles. Les piscines sont aussi un atout ciblé enregistrant une hausse de 7 points sur un an.

Une question émerge alors : ces velléités vont-elles être prouvées empiriquement? Pour ce faire, encore faut-il que les conditions soient réunies pour transformer ces intentions en réel projet. Des conditions propices au changement

Resté au stade balbutiant pendant de longues années, le télétravail a été la clé de voûte de la survie de notre économie pendant le confinement et s'est vu propulsé sur les devants de la scène tant par les moyens digitaux mis en oeuvre que par ses avantages. Ce nouveau mode de vie et d'organisation donne alors la possibilité de repenser son logement aussi bien en termes d'espace intérieur que d'éloignement du lieu de travail. Les acquéreurs se projettent dans une pièce dédiée au télétravail et peuvent envisager un éloignement pondéré de leur lieu de travail en misant notamment sur le vert.

Ces bouleversement amènent à penser à un renouveau de l'habitat et des priorités accentuant le vert et l'espace. Toutefois, ils sont tout de même contenus par l'évolution des taux d'intérêt qui ne devraient pas dépasser les 2% d'ici la fin de l'année mais dont la hausse moyenne de taux de 0,25% enregistrée en avril représente finalement une hausse de 2,5% des mensualités pour les ménages. Ces conclusions ne suffisent pas à entacher les projets immobiliers mais vendeurs et acquéreurs doivent rester à l'écoute du marché.